|
USA - 2022 de Ryan Stevens Harris Emma (Haven Lee Harris, incroyable de justesse), cinq ans, vit avec ses parents qui se disputent régulièrement : Alex, écrivain, n'a la tête qu'à ses livres, tandis que Sara est en dépression. Pour échapper à cette ambiance sinistre, Emma s'invente un monde de jouets dans la forêt de la nuit, où règne la sorcière de boue. Un soir, elle assiste à une énième querelle et pour ne plus entendre ses parents se hurler dessus, elle se rue dans le couloir, tombe malencontreusement sur ses jouets et dévale l'escalier. La voila plongée dans un coma rempli de créatures étranges et effrayantes à combattre pour se sortir de ce monde abstrait. Dans cet univers onirique, elle aperçoit à travers une fenêtre ses parents qui s'inquiètent pour elle et les secours qui interviennent sur son corps. Elle essaie de les rassurer mais ils ne l’entendent pas. Une larme roule alors sur sa joue, tombant au sol et réveillant un boogeyman effrayant vêtu d'un long manteau et d'un chapeau, paré d'un dentier qui claque en permanence, qui se nourrit de ses sanglots. Voici Teeth. Dans sa quête pour revenir vers le monde réel, elle rencontre également un musicien qui lui joue la berceuse que sa mère lui chante régulièrement (Without you de Badfinger ). Elle se sent réconfortée. Lui expliquant qu'elle souhaite rejoindre la réalité, celui-ci lui donne une radio qui capte les paroles de ses parents, ce qui lui permet de s'orienter dans ce labyrinthe angoissant. Elle essaye donc de se rapprocher d'eux, tout en évitant Teeth qui la pourchasse impitoyablement. Parviendra t'elle à triompher de ces obstacles ou disparaîtra t'elle dans les limbes ? Sur fond de fantastique, la vraie thématique du film est démontrer comment, même si tout semble perdu, il suffit d'une petite lueur pour éclairer nos vies. Il y a d'ailleurs un travail incroyable sur la lumière et les tonalités d'éclairage, en fonction de l'endroit où se trouve Emma dans son monde fantasmagorique. Tout commence quand Haven Lee Harris avait 4 ans, son père, le réalisateur, tourne un court métrage dans son garage, ce qui lui permet de lever les fond pour ce film très créatif. C'est son premier long métrage (très maitrisé), jusque là, Ryan Stevens Harris n'a fait "que" du montage, des bandes sons, des clips... Le producteur a accordé 90 jours de tournage (énorme pour un film indépendant), permettant ainsi au réalisateur d'utiliser uniquement des effets visuels à l'ancienne, il n'y a pas de CGI dans le film (et ça fait drôlement du bien de ne pas voir de fond vert !). On retrouve des scènes d'animation image par image, du dessin, des marionnettes, bref des procédés visuels très inventifs. Les personnages que Emma rencontre dans cette sombre forêt sortent tout droit de l'imagination et des croquis du réalisateur. La seconde très bonne idée est de relier les éléments de la réalité avec des évènements du "rêve" d'Emma (comme la mise sous ECMO (circulation extra-corporelle) qui se transforme en tuyau aspirant ses larmes). On pense à La cité des enfants perdus, à Bandits bandits, au Labyrinthe de Pan, mais bien loin d'être une copie de tous ces films, ou pire un gloubi-boulga pêchant des idées à droite et à gauche, le film possède sa propre patte et nous embarque dans ce cauchemar de petite fille, à faire frissonner n'importe quel adulte.
0 Commentaires
Votre commentaire sera affiché après son approbation.
Laisser un réponse. |
sorties
découvrez les films en avant-première, ainsi que les sorties récentes à ne pas rater selon mon humble avis (mais vous faites ce que vous voulez). Archives
Décembre 2023
Catégories
Tous
|











Flux RSS