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piFFF 2021 JEUDI

3/12/2021

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Un film expérimental de Phil Tippett, un classique de Jeunet, un film de fantôme bourré de clichés et une anthologie jouissive.
​Par Hyppolite Büro & Innana Ivert

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MAD GOD
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États-Unis - 2021
de ​Phil Tippett

un élève doué

Mad God, c'est  d'abord une légende, une rumeur inquiétante et mystérieuse qui court dans les coulisses d'Hollywood depuis plus de quinze ans. Le projet démiurgique d'un artiste ermite et dépressif, un Jekyll et Hyde intimidant, supervisant le jour les effets spéciaux des plus gros blockbusters américains, et s'enfermant la nuit dans son studio pour y tourner des plans de son Magnus Opus.

Ce démiurge c'est Phil Tippett, maitre incontesté de l'animation en stop-motion, héritier du grand Ray Harryhausen, qui participa à des œuvres aussi célèbres que la saga Star Wars,  Robocop, Willow ou Jurassic Park, pour n'en citer que quelque uns.
Alexandre Poncet, venu présenter le film, était déjà d'ailleurs l'auteur d'un très beau portrait de l'artiste, intitulé Des rêves et des monstres, que je ne saurais trop vous recommander.

Mais l'ironie de la vie étant comme chacun sait, bien ironique, c'est Jurassic Park qui signa l'arrêt de mort des techniques stop-motion et d'animatroniques au profit du tout-numérique. Beaucoup ne s'en relèveront pas tels Stan Winston (lui aussi créateur d'effets sur le film de Spielberg-le T-Rex grandeur nature entre autre, décidemment l'ironie de la vie...) ou Rob Bottin , inventeur des créatures du The Thing de Carpenter, poussé à la retraite anticipée.
Tippet, lui, eu plus de chance. Propulsé en haut des étages pour mettre son expertise au profit des plus gros studios, il bénéficiait désormais de l'argent et du temps nécessaires pour fomenter sa vengeance. Et elle va être sale... 
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un projet dantesque

 On le paye grassement pour améliorer les effets spéciaux fadasses des productions les plus aseptisées des studios? Pas de problème, Phil fait le job, mais avec les sous extorqués aux moguls, il prépare sa contre-attaque.

Car ce que Tippett a en tête, c'est rien de moins que l'Enfer de Dante, une plongée abyssale dans le subconscient de l'auteur, et un portait au vitriol d'une humanité asservie par ses démons.

Le film s'ouvre sur la lecture d'un extrait du Lévitique (26-14 à 38), dans lequel s'exprime non pas un dieu d'amour, mais un dieu de colère, vouant aux gémonies ceux qui se détourneraient de Lui, puis enchaine sur un tableau de guerre: bunkers, miradors, projecteurs fouettant l'air comme dans un film sur la Seconde Guerre Mondiale, tourelles et canons essayant d'abattre une étrange capsule suspendue dans le vide, et qui va s'enfoncer dans les entrailles de la Terre, jusqu'au 9ème cercle de l'Enfer.
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A son bord un homme dont on ne verra jamais le visage, un soldat anonyme projeté dans une mission suicide, qui évoque à la fois le héros de l'armée des 12 singes (mais esthétiquement plus proche de La Jetée de Chris Marker), et les soldats perdus dans une guerre éternelle du Bunker de la dernière rafale de Jeunet & Caro.

Sa mission, on le comprend au fur et à mesure qu'il s'enfonce dans les strates de plus en plus profondes de cet univers infernal, est de détruire ce monde pour libérer les Hommes. Sauf qu'il n'est pas le premier à tenter l'aventure, et qu'il ne sera peut-être pas le dernier...
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Chaque niveau est l'occasion de dépeindre un nouveau tableau de l'Affliction, sorti tout droit d'un tableau de Bosch ou De Chirico. Des créatures anonymes dévorées par des monstres cyclopéens, des titans torturés chiants des hectolitres d'immondices dans la bouche d'une créature insatiable, des visions dantesques d'armées d'esclaves écrasés par les murs qu'ils construisent, des enfants monstrueux extraits de la matrice de prisonniers éventrés, et conduits au sacrifice par une représentation de la Mort qu'on jurerait sortie du Roma de Fellini ou du Dellamorte Dellamore de Soavi (d'ailleurs elle parle en italien), bref, on pourrait continuer pendant des heures à dresser l'inventaire du bestiaire ici rassemblé sans en épuiser la portée symbolique.
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D'un bout à l'autre, c'est un théâtre de la cruauté, de l'injustice, du meurtre qui se dévoile sans fard, le tout baignant dans une mare de fluides corporels: salive, sang, merde, bref, tout ce que le cinéma mainstream censure obstinément de peur d'effaroucher le public lambda.

A cela s'ajoute une vision politique, ouvertement anarchiste, de la condition humaine, de sa révolte souterraine contre l'oppression qui, même si elle n'offre guère d'espoir, peut se comprendre comme un doigt d'honneur magistral d'un franc-tireur à une industrie qui a cherché à  le museler.
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un doigt d'honneur à hollywood

Je vais être honnête avec vous: à moins d'être fans des maitres de l'animation expérimentale bizarroïde comme Jan Svankmajer ou Robert Morgan, vous risquez de trouver le film abscons, voire chiant,  d'autant plus qu'il n'y a pratiquement aucun dialogue, mais je vous en conjure, si vous avez la chance de croiser son chemin, laissez vos préjugés au vestiaire, et embarquez vous dans ce poème visuel d'une liberté sidérante, comme si vous alliez voir un film de David Lynch. Vous savez que vous n'allez pas tout comprendre, mais vous êtes sûrs de vous prendre une claque!

Une chose est sûre cependant: ce film n'est pas un film de Phil Tippett, ce film, C'EST Phil Tippett, le testament artistique  d'un génie  à la fois célèbre et obscur, mais dont l'histoire du cinéma saura reconnaître, je l'espère la puissance de sa vision.

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PS: Quand je pense que ce film n'a pas trouvé de distributeur en France, alors que le très médiocre The Power (chroniqué ci dessous) va bénéficier d'une sortie en salle ( un four annoncé), on se dit que Phil a raison: ce monde est une Géhenne irrédimable. Qu'il crève, et que de ses cendres jaillisse peut-être, sait-on jamais, un monde meilleur.
LA CITE DES ENFANTS PERDUS
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France / Allemagne / Espagne/ Belgique / USA - 1995
de ​ Marc Caro, Jean-Pierre Jeunet
 Krank, le plus intelligent des humains, vit sur une plateforme éloignée de la ville avec sa mère, ses six clones et Irvin, un cerveau qui vit dans un aquarium.

Tous sortent des éprouvettes d'un mystérieux créateur, mais la vilaine fée génétique s'étant penchée sur chaque éprouvette, tous souffrent de troubles : les clones sont atteints de narcolepsie, la maman est haute comme 3 pommes, Irvin est bourré de migraines et surtout Krank ne rêve pas, ce qui le fait vieillir beaucoup plus vite et le rend particulièrement aigri. 

​Pour remédier à ce problème, il fait enlever des enfants, qui pour son plus grands malheur, ne font que des cauchemars.
​Lorsqu'il s'en prend au petit frère de One, le costaud de la foire, il tombe sur un os...
C'est toujours un plaisir de revoir ce film, avec cette ambiance de port glauque, où jamais un rayon de soleil ne traverse l'épais brouillard.

Mélange détonnant entre d'une part l'esthétique issue du courant réaliste-poétique du cinéma français des années trente, avec ses personnages hauts en couleurs (les siamoises, le directeur de cirque opiomane, la secte des cyclopes qu'on croirait sortis de Freaks), ses ambiances portuaires poisseuses ou les amés en peine trainent leur désespoir, (toutes choses déjà présentes dans Delicatessen),  et d'autre part un certain courant de l'expressionisme allemand ( le gigantisme des décors écrasant les personnages comme dans Metropolis, ou l'icone du savant démiurge, mix improbable entre le docteur Caligari, Mabuse et Nosferatu), L'ile des enfants perdus surgit comme une chimère impossible, qui renouerait avec le cinéma des origines, un fabuleux livre d'image pour faire rêver les enfants pas sages.
Seul One, avec son âme d'enfant, essaye de sauver son petit frère et par la même occasion le plus grande des orphelins, Miette, une petite fille triste.

Cette relation, filmée très innocemment dans le film, nous parait d'ailleurs assez étrange et malsaine à notre époque, car on ne peut s'empêcher de penser à toutes les affaires de pédophilies ayant fait la une dans ces dernières années.
​
​Mais ici, on n'a vraiment à faire qu'à de l'amitié entre deux enfants, l'un ayant un corps d'adulte mais un esprit très simple.
Bref, ça reste une petite perle à voir, avec sa musique envoutante, ses décors hallucinants et ces superbes costumes crées par Jean-Paul Gaultier, le tout pour illustrer un beau conte, pas plus horrifique que ceux de Grimm ou de Perrault.
NB : La thématique de "La séance culte" de cette année concerne les films français ayant bousculé le paysage cinématographique et la bienséance dans les années 90-2000
THE POWER
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Royaume-Uni - 2020
de ​Corinna Faith
Londres, 1974, une économie en crise et un bras de fer entre les syndicats et le gouvernement provoquent des coupures de courant toutes les nuits.
Valérie, nouvelle employée dans un hôpital d'où les patients sont quasiment tous évacués, va passer sa première nuit dans le noir et se confronter à ses (ces) fantômes.
Premier film pour la réalisatrice qui sur un pitch de départ très intéressant, et un visuel réaliste dans cet hôpital un peu délabré, nous livre un film bourrés de clichés des films de fantômes, de la porte qui s'ouvre toute seule en grinçant aux jump scare incessants, en passant par la musique qui souligne TOUS les moments sensés être flippant, c'est lourd.
​
Et je ne parle même pas du twist de fin, dont le film a semé des "indices" gros comme un 33 tonnes et nous martèle le propos à coup de rangers dans la gueule. Merci, on aurait compris comme des grands....
NB : le film a été acheté pour une distribution en salle le 16 fevrier 2022 par Alba films
V/H/S/94
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USA - Indonésie - 2021
de ​Simon Barrett , Steven Kostanski, Chloe Okuno, Ryan Prows, Jennifer Reeder, Timo Tjahjanto
1994, un commando SWAT débarque dans un hangar abandonné à la recherche d'un laboratoire de meth. A la place, ils découvrent une secte dont tous les membres sont énucléés et surtout de nombreuses vidéos...
La série VHS (3 précédents volumes) est basée sur le même principe que cet opus : un mélange de tout ce qu'on déteste, anthologie et found footage. Sauf qu'ici, c'est réussi ! Ce dernier opus, pensé pour et produit par Shudder, une plateforme de SVOD spécialisée dans l'Horreur ( une sorte de Shadowz avec des sous), reprend un procédé identique aux précédents (film à sketchs tourné au format found footage), mais en l'ancrant cette fois dans une période clef, le milieu des années 90, donc juste quelques années avant l'explosion du genre.

Apparté: Heureusement que Cyril nous avait prévenu que cette copie est en 4K HFR, sinon on aurait raté toutes les subtilités du grain dégueulasse de l'image cradingue des différentes vidéos!
​
Les 4 "parties" du film sont toutes très réussies, passant du reportage réaliste sur l'extrême pauvreté aux USA et les légendes urbaines qu'elle fait naître...
à une veillée particulièrement glauque où personne ne vient, sauf le défunt...
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 à une milice de rednecks américains qui veulent restaurer la pureté de l'Amérique (mais qui sont tellement bas de plafond qu'ils "bandent devant une bonne grosse arme") en projetant un attentat contre un bâtiment fédéral (référence à celui commis par Timothy Mc Vey dans les années Clinton, il y a aussi une réf à la tuerie de Waco) avec une bombe "surnaturelle"...
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en passant par un savant fou indonésien qui cherche à améliorer la race humaine, mélangeant chair et métal pour créer un néo-humain, le tout filmé comme un shoot them up à la doom-like par les yeux de la créature, (oui, on est très proche de Tetsuo, mais en mode FPS!).
Bref, malgré le genre contre lequel j'ai des a priori bien ancrés (et souvent justifiés), j'ai beaucoup aimé ce film, et j'avoue que ça m'a donné envie de voir les trois  précédents .
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