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par Innana Ivert Kazakhstan - 2024 de Adilkhan Yerzhanov Dans un monde rongé par une guerre civile ultra violente, Tamara, jeune femme un peu simplette, se voit contrainte de demander de l'aide à Steppenwolf, mercenaire sadique, pour retrouver Timka, son fils. Steppenwolf (il n'a pas d'autre nom que son surnom) est un ex-prisonnier qui file un coup de main à une police violente et particulièrement sadique au service d'un système gangréné par la corruption pour arracher des aveux (en les torturant, il va sans dire) aux rebelles engagés contre un monde en pleine putréfaction. Les voitures brûlent, les magasins sont pillés, bref, le chaos règne à tous les étages. Encore plus pour Tamara qui depuis la disparition de son fils ne sait plus à quoi se raccrocher. Elle se rapproche du premier poste de police fortifié sur sa route pour demander de l'aide. Personne ne lui porte attention sauf lui, qui décide de l'aider dans l'espoir de récupérer une récompense promise (ah non, ça n'est pas par pure bonté, loin de là). Il est affreux, sale et méchant mais une promesse est une promesse et ils partent en road trip où il va se comporter comme le mercenaire qu'il est : brutal, sans aucun égard (voir maltraitant) avec Tamara, sans pitié... Yerzhanov va encore plus loin que dans ses précédents films en ce qui concerne la dénonciation de la pourriture de l'âme humaine et des bassesses dont notre espèce peut se rendre coupable. Il dépeint le monde comme un champ de ruine où les policiers corrompus n'assurent que leur propre sécurité, laissant le champ libre à toutes les maffias, et ne se préoccupant absolument pas du peu de population qu'il reste. Quand, dans un monde où la pitié a disparu , la seule personne qui accepte d'aider une femme brisée est un mercenaire amoral et cynique de la trempe de Steppenwolf, la civilisation peut commencer à numéroter ses abattis. On ne peut s'empêcher de penser à un Mad Max des steppes, évoluant dans un monde où la bonté a disparu... Le propos est soutenu par la mise en scène épurée mais inspirée, les paysages poussiéreux et désertiques, les gros plans sur les visages abimés par la vie. Yerzhanov semble s'être inspiré des westerns de Sergio Leone tant sa mise en scène, au cordeau, y fait référence. Anna Starchenko est parfaite dans ce rôle de mère qui peine à formuler ses phrases, à mettre en ordre ses idées. Dans sa tête comme dans sa vie, c'est l'anarchie depuis que son fils a disparu. Elle le retranscrit parfaitement bien à l'écran. Berik Aitzhanov est quand à lui un parfait loup des steppes, solitaire, silencieux et sans pitié. Quand il parle, c'est pour annoncer de tristes vérités comme "Le bien ne sert à rien" ; ça donne le ton du film qui parfois, par son absurdité, devient volontairement comique. A voir absolument
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