CABINE FEVER
  • CEKOITESQUE?
  • L'ANTRE DE LA FOLIE
  • ROSEBUD
  • LE BÛCHER DES VANITES
    • ABSURDE SEANCE
    • FREAK ZONE
  • PULP FICTIONS
    • FARENHEIT 451
    • COMIC STRIP
  • SERIES NOIRES
  • PODCAST
  • MES MEILLEURS COPAINS
    • UTOPIA
    • BCTK
    • DUVENT
    • L'ABSURDE SEANCE NANTES
    • UTOPIALLOWEEN

pig

14/11/2018

0 Commentaires

 
Et bim, encore un film iranien improbable (et non ,je ne suis pas stipendié par le ministère de la culture iranien pour leur faire de la pub, d'autant plus que ce dernier n'a pas dû beaucoup lui plaire, vous comprendrez très vite pourquoi en lisant l'article), qui sortira sur nos écrans le 5 décembre prochain grâce aux efforts   d'Epicentre films.
Photo

dix petits nègres


​Un mystérieux serial killer s’attaque aux cinéastes les plus adulés de Téhéran. 
Hasan Kasmai, un réalisateur iranien, est étrangement épargné. 
​
Censuré depuis des mois, lâché par son actrice fétiche, il est aussi la cible des réseaux sociaux. Vexé, au bord de la crise de nerfs, il veut comprendre à tout prix pourquoi le tueur ne s’en prend pas à lui.. et cherche, par tous les moyens, à attirer son attention.
Photo
une figure christique (ou hindouiste?)

​C'est sur ce pitch iconoclaste que s'ouvre le septième film de Mani Haghighi, pratiquement inconnu chez nous mais auteur populaire en Iran d'une demi-douzaine de films (dont le deuxième, écrit par son mentor Abbas Kiarostami avant qu'il ne se brouille avec lui) ont assis sa réputation de réalisateur "borderline".

Et borderline il l'est assurément en s'attaquant à ce portrait d'un artiste ostracisé par le système politique comme par le public décidant de devenir la cible d'un sérial killer pour sauver sa réputation d'Auteur Subversif! 

sept et demi

Photo
les"party" de la bonne société iranienne, comme une réminiscence de la Rome de Fellini

PIG, c'est d'abord et avant tout le portrait (l'autoportrait?) d'un artiste en crise. Comme le personnage incarné par Marcello Mastroianni dans Huit et demi, il traverse une crise d'inspiration, mais à la différence de ce dernier il doit supporter en plus la censure des autorités iraniennes, qui lui interdisent de tourner autre chose que des publicités.

Rien que ça déjà, suffit à poser le bonhomme, et sa liberté de ton face au régime. Mais là où un public occidental aurait pu s'attendre à un drame réaliste à la Japhar Pahani (qui souffre toujours d'une très réelle interdiction de filmer), Mani Haghighi parvient par on ne sait quel miracle à se moquer des règles en vigueur dans son pays en offrant une satire tirant tous azimut sur l'hypocrisie de la Haute-Société,des réseaux sociaux et l'archaïsme du fondamentalisme religieux excusez du peu!
Photo
Poursuivi par le tueur, Hasan Kasmai n'échappe pas à la dictature du Selfie

prestige de la mort


A l'instar du film de Luc Moulet, dont je cite le film en titraille mais qu'il n'a probablement pas vu, le personnage incarné par Haghighi souffre de n'être pas reconnu à sa juste valeur; égocentrique, mais veule, caractériel et immature, il fait songer à un frère spirituel de Michele Apicella, le personnage incarné par Nanni Moretti dans ses premiers films, en plus punk et un poil moins sociopathe. 

Harcelant son égérie (la sublime Leila Hatami, découverte en France dans Une séparation) en usant de tous les stratagèmes du pervers narcissique pour qu'elle ne tourne pas avec le dernier cinéaste à la mode Hamid Nematollah, tandis que Ebrahim Natamikla, un chantre du régime ou Rakhan Bali Eternan (tous deux de vrais réalisateurs) meurent sous les coups du mystérieux assassin, Hasan refuse la fatalité en provoquant le tueur sur son terrain. il veut mourir. Il DOIT mourir, pour sauver ce qui lui reste d'estime de soi. Mais le moment venu, en aura t'il le courage?

Hail Hail rock'nroll

Photo
Nos deux pieds nickelés fuyant courageusement le théâtre du crime

​Si le sujet est déjà en soi un énorme doigt d'honneur dressé à la société iranienne sclérosée par ses tensions entre le respect de façade de la Révolution et la réalité vécue par les couches les plus privilégiées d'icelle, en même temps qu'un jeu de massacre jouissif qui évoque sur un mode très punk les slashers américains des années 80, PIG se démarque du genre en jouant la carte de l'humour absurde, entremêlant comédie musicale, opéra rock, drame psychologique et fable politique.
Photo
La mère d'Hasan, un roc face à l'adversité, mais que personne ne comprend (elle parle turc)


Au final, l'identité du tueur (une figure symbolique de l'oppression d'État, de la bêtise obscurantiste qui obombre la société iranienne contemporaine, ou simple Mac Guffin servant de prétexte à l'intrigue, à vous de voir) n'a pas plus d'importance que le trip égotiste de sa victime frustrée. Malgré ses quelques faiblesses de scénario, et un final dramatique en complet décalage avec le reste du métrage (à moins qu'il ne s'agisse d'une volonté de l'auteur de confronter son personnage à l'horreur de la réalité?) , PIG demeure une comédie iconoclaste extrêmement imaginative, qui rédime par ses audaces visuelles ses maladresses narratives.
​
Certainement pas un grand film, mais une bonne bouffée d'air frais venu d'un pays dont on n'attendait pas une telle légèreté de ton. Oui les iraniens savent rire d'eux-mêmes, et c'est communicatif. 

Ha, et si vous vous demandez pourquoi le film s'appelle "Pig", en dehors du fait qu'il fait référence aux exhortations du psychopathe Charles Manson dont le serial killer du film reprend le gimmick, et bien votre première intuition était la bonne: c'est bien pour emmerder le Comité de Censure Iranien! Ce type est un vrai punk! Respect.
Photo
PIG (KHOOK)
Réalisation : Mani Haghighi
Scénario : Mani Haghighi
Avec Mani Haghghi, Leila Hatami, Leili Rashidi, Ali Mosaffa
IRAN/ 2018/ 1h48

Sortie Française : 5 décembre 2018
0 Commentaires

Votre commentaire sera affiché après son approbation.


Laisser un réponse.

    sorties

    découvrez les films en avant-première, ainsi que les sorties récentes à ne pas rater selon mon humble avis (mais vous faites ce que vous voulez).

    Archives

    Décembre 2023
    Septembre 2023
    Mai 2023
    Janvier 2023
    Juin 2022
    Mai 2022
    Décembre 2021
    Novembre 2021
    Janvier 2021
    Octobre 2020
    Septembre 2020
    Août 2020
    Juin 2020
    Avril 2020
    Mars 2020
    Février 2020
    Janvier 2020
    Décembre 2019
    Octobre 2019
    Septembre 2019
    Juillet 2019
    Juin 2019
    Mai 2019
    Février 2019
    Janvier 2019
    Décembre 2018
    Novembre 2018
    Octobre 2018
    Septembre 2018
    Août 2018
    Juillet 2018
    Juin 2018
    Mai 2018
    Avril 2018
    Mars 2018
    Février 2018
    Janvier 2018
    Décembre 2017
    Octobre 2017
    Juillet 2017
    Juin 2017
    Mai 2017
    Avril 2017
    Mars 2017
    Février 2017
    Décembre 2016
    Octobre 2016
    Août 2016
    Juillet 2016
    Juin 2016

    Catégories

    Tous
    Biopic
    Comédie
    Comédie
    Comédie Dramatique
    Comédie Musicale
    Court Métrage
    Court-métrage
    Documentaire
    Drame
    Evenement
    Expérimental
    Expérimental
    Fantastique
    Festival
    Film D'animation
    Horreur
    Politique
    Post Apocalyptique
    Post-apocalyptique
    Thriller
    Zombies

    Flux RSS

Sauf indication contraire, tous les textes présentés sur ce site sont de moi; vous pouvez librement les partager et les copier à condition d'en mentionner la source.
Toutes les affiches de l'Absurde Séance sont l'oeuvre et la propriété de duvent.tumblr.com/
Toutes les bannières de ce site sont l'oeuvre et la propriété de Richard George.

© COPYRIGHT 2015. ALL RIGHTS RESERVED.
  • CEKOITESQUE?
  • L'ANTRE DE LA FOLIE
  • ROSEBUD
  • LE BÛCHER DES VANITES
    • ABSURDE SEANCE
    • FREAK ZONE
  • PULP FICTIONS
    • FARENHEIT 451
    • COMIC STRIP
  • SERIES NOIRES
  • PODCAST
  • MES MEILLEURS COPAINS
    • UTOPIA
    • BCTK
    • DUVENT
    • L'ABSURDE SEANCE NANTES
    • UTOPIALLOWEEN